Couleur fauve inspiration Nicolas de Staël

Lundi soir : crépuscule en couleurs annoncé. Je commence à les anticiper, ces soirs pas comme les autres. Celui-là ne fut pas spectaculaire. Juste spécial. Un lourd plafond nuageux bleu nuit qui chapeautait une langue de feu au ras de l’horizon. De quoi nourrir mon appétit de couleurs vives! Je suis donc partie étaler le paysage au couteau, en épaisseur sur mon capteur. Des lignes aux teintes fauves qui ont guidé mon geste vers les mondes saturés de Nicolas de Staël.

Chemin de fer au bord de la mer, soleil couchant | Nicolas de Staël |1955
Chemin de fer au bord de la mer, soleil couchant | Nicolas de Staël |1955
Plage de Syracuse | Nicolas de Staël |1954
Plage de Syracuse | Nicolas de Staël |1954

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Rouge Horizon

Diptyque

Mon cabinet de curiosités intérieures ne désemplit pas : peintres et dessinateurs s’y bousculent joyeusement pour y déposer leurs œuvres. Avec toujours cette envie d’aller plus loin dans l’épure. En quête du geste essentiel qui à lui seul capte la lumière et campe le paysage.

On me demande souvent ma technique. Certains même se mettent en colère car je n’ai pas de bonne vieille recette à fournir. Juste ce qui fut une intuition de la lumière, et qui est devenu aujourd’hui une réelle connaissance expérimentale des crépuscules, après avoir longtemps travaillé sur Lumière rouge puis depuis deux ans, sur Horizon Bleu Garance. Et puis, il y a tout ce travail sur le mouvement. Un travail purement physique pour un geste calligraphique qui doit s’exprimer de lui-même, avec une assurance chirurgicale et une liberté que seule permet la prise de vue à main levée. Mais tout ça n’est rien sans cette part essentielle de mes photos qu’est l’émotion. Cette émotion sans cesse renouvelée lorsque je m’oublie à estomper d’un tour de bras mon monde d’eau et d’arbres en train de sombrer en plein songe bleu.

Heure bleue

 

4 commentaires sur “Couleur fauve inspiration Nicolas de Staël

  1. J’aime la dernière bien sur 😉 et la première qui feraient également un beau diptyque.

    Pour la technique, c’est à chacun de chercher. A chacun de chercher ce qu’il souhaite capter et transmettre. Les recettes servent à gagner du temps mais à quoi cela sert de gagner du temps quand on est dans l’émotion ? Je n’ai pas envie de savoir comment tu fais, juste envie de rester baba devant tes compositions…

    Bonne journée Cathy.

  2. Que du plaisir pour les yeux !
    La technique est un passage obligé pour le débutant. Le problème de la photographie c’est que beaucoup de photographes s’arrêtent à la technique, à la technique des autres. Ils ne comprennent pas qu’il faut créer son propre sillon et faire sa propre technique. Surtout ils ne comprennent pas que la technique doit permettre une expression artistique, c’est le but.
    En tout cas, bravo pour cette série, encore une fois forte et originale. C’est sympa aussi de nous donner régulièrement certaines de tes sources d’inspiration. On voit d’ailleurs que « source d’inspiration » ne signifie pas « machin à recopier », tu fais ta propre interprétation d’un paysage, c’est « du Cathy Bernot ». Et puis une artiste qui cite d’autres artistes, c’est rare (plus les gens recopient, moins ils citent !) et donc d’autant plus appréciable.
    Merci Cathy.

  3. Images et mots, ton monde, le mien aussi, partage de nos imaginaires. Parfois, j’aime les unes ou les autres, isolément et plus assurément. J’aime tes paysages ! Vibration, coloration, sublimation. Il faut y entrer et s’y arrêter pour mieux les contempler, s’en imprégner et les comprendre. Bien belle journée à toi.

  4. @ Philippe : Merci! Je partage sans problème mes infos. D’ailleurs, à Montier, les exifs de mes photos figuraient dans mes légendes. Mais au delà de ces réglages, il y a le geste, dans sa vitesse, son amplitude, qui demeure la marque de chacun. Comme je te rejoins sur l’émotion. C’est aussi ça qui me fait regarder des photos et me nourrit! 🙂

    @ Essere : Merci! 🙂 Oui, la photo exige acquisition de certaines techniques, qui doivent devenir des réflexes, surtout pour des photos comme celles-là. Les connaitre, c’est justement s’en affranchir pour se consacrer à l’essentiel : une photo personnelle et émotionnelle. Bien sûr, il y aura toujours des personnes qui demeureront au service de la technique pour ne montrer qu’un savoir faire, parfois recopié, et vide d’émotion. Mais à côté de ça, la photo (et surtout pas seulement la photo nature) est tellement riche en création! 🙂

    @ Danielle : C’est un plaisir de te retrouver ici 🙂 : Merci pour ton petit mot si plein de poésie et à bientôt !

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