Bleu forêt: c’est l’automne

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Forêt dorée, soleil d’automne

Il fait froid. La nuit tombe vite. Pourtant, pour quelques jours encore, c’est l’automne, dehors…

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Soir d’automne

… Un automne roux et or: il reste ici et là quelques écus safran suspendus aux ramilles des bouleaux. Les feuilles sèches de hêtres ont rougies sous les premières gelées blanches. Au loin, un héron croasse et s’enfuie en à mon approche. La forêt se replie, sa canopée se dentelle et laisse filtrer de plus en plus de lumière. On dit que la mauvaise saison est obscure, mais c’est faux! Jamais le sous-bois n’y est aussi perméable au soleil. Entre les troncs, un rayon fait scintiller le sol. Bientôt, toutes ces teintes cannelle bruniront. L’humus remplacera les confettis cuivrés d’aujourd’hui. Et cela sera l’hiver.

Forêt à l’heure bleue: bientôt la nuit!

Et parce qu’une sortie photo en forêt se termine souvent à l’heure bleue, une dernière image derrière laquelle se cachent elfes et chimères.

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L’heure bleue en forêt

Info-photo: Cette photo est brute de capteur. L’atmosphère est en partie crée par le flash intégré très sous-exposé (- 2,7 IL), qui est utilisé non pas pour « éclairer » mais pour déboucher quelques ombres, et esquisser le décor sans trop le révéler.

Bonne journée à toutes et tous!

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15 commentaires sur “Bleu forêt: c’est l’automne

    1. Oui, je m’en doute effectivement 😉
      J’ai + peur des chiens errants (et éventuellement des sangliers) que des croquemitaines.
      Cette dernière photo a été faite juste à temps: un peu plus tard et je ne trouvais plus mon chemin du retour.

    1. Merci Françoise! 🙂 Oui, c’est pour ça que j’ai retenu cette photo. C’est exactement ce que je ressentais, ce soir-là: il commençait à faire très sombre, on entendait des bêtes au loin (puis plus très loin…)
      C’est le problème, avec mes sorties au coucher du soleil: on part en plein jour. Et on doit parfois retraverser un bois en pleine nuit, avec un peu plus d’adrénaline qu’à l’aller ;).

  1. Je me permets une petite précision. Techniquement, une image « brute de capteur » est une suite de codes binaires qui ne peuvent être transformés en photographie que par une série d’algorithmes complexes qui font une interprétation de l’information recueillie. Soit ces données sont récupérées au format RAW et elles doivent être dématricées par un logiciel extérieur à l’appareil. Soit le dématriçage est fait dans l’appareil et obtient un fichier jpeg. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’une image non retouchée est le résultat d’un traitement complexe qui comporte de multiples corrections et interprétations des données recueillies par le capteur. Le post-traitement d’une photo au format RAW consiste donc à remplacer certains réglages automatiques de l’appareil par des réglages choisis par le photographe. En faisant un post traitement, on apporte une touche personnelle à une photographie en choisissant certains paramètres à la place de l’appareil photo. Cela ne rend pas nécessairement la photo plus éloignée de la réalité que ce qu’on aurait obtenu avec les réglages automatiques de l’appareil. On peut même parfois obtenir, à mon avis, un rendu plus proche de ce que l’œil du photographe a ressenti lors de la prise de vue. Je trouve la deuxième photo vraiment très belle, mais si cela n’avait pas été le cas, il n’y aurait eu aucun mal à essayer des interprétations différentes.
    Je dis cela parce que j’ai l’impression que pour certaines personnes, une photo ayant fait l’objet d’un post-traitement n’est pas une « vraie photo ». A mon avis, il faut plus la considérer comme une photo « développée manuellement » plutôt que « développée automatiquement » par un logiciel avec des valeurs de paramètres par défaut standardisée ou déterminée par une « Intelligence artificielle ». Pour résumer ma pensée, il n’y a bien sûr aucune raison de modifier une photo produite par l’appareil si elle plait à l’auteur en l’état, mais le post-traitement ne doit pas être pour autant considéré comme une forme de « triche ». Bien sûr, je donne juste ici mon avis de photographe informaticien. Si vous pensez que le post traitement affaiblit de quelque manière que ce soit la force d’une photographie, alors je respecte totalement vos convictions :-).

    1. Merci pour ces précisions: le débat commence toutefois à être un peu dépassé (heureusement!) et tous les photographes (nature en particulier) prennent la plupart du temps en raw, et donc le développement est devenu un véritable savoir-faire que l’on doit acquérir aujourd’hui, au même titre que la « technique photographique ». A chacun de trouver son mode d’expression entre apn et non pas ordinateur mais tirage, si l’on veut aller jusqu’au bout du flux de travail ;).
      Tu résumes ce que j’explique lors d’échanges avec le public en festival: l’apn est lui aussi un ordinateur. Le raw permet au photographe de faire lui-même une partie de ce travail d’interprétation que fait le boîtier en jpeg.
      Quant à la photo reflet de la réalité, c’est rarement un débat d’actualité ici: ma photo est avant tout subjective ;).
      Pourtant, je privilégie toujours l’image in situ: non par jugement moral, mais par plaisir et parce-que mon intention, ma démarche, passent par cette quête de « non-mise en scène » (ce qui n’a rien à voir avec le débat réalité/non réalité), que ce soit en pleine nature ou sur ordinateur. C’est ainsi que je peux donner du sens et de l’émotion à mon travail. :).

      Lorsqu’on parle de « brut de capteur », en langage usuel, on sait bien que l’image a été dématricée. Cela signifie juste que l’on a conservé l’interprétation initiale du boîtier, parfois en dépit des apparences. Dans le cas présent, il ne s’agit justement pas d’un reflet de la réalité. On pourrait croire à une modification des teintes pour obtenir cet effet. Alors qu’il s’agit juste d’une « erreur » d’interprétation de l’apn au niveau de la balance des blancs.

      1. Ah, je comprends mieux ta démarche et en plus tu expliques les choses mieux que moi avec cette phrase « on a conservé l’interprétation initiale du boîtier » qui résume ce que j’essayais laborieusement de dire :-). Cela suppose aussi que tes photos sont conçues entièrement « in situ » dans l’ambiance de la prise de vue. En tout cas les résultats sont remarquables et ton approche a le mérite d’éviter la tentation d’abuser du post traitement.

        En ce qui me concerne, je suis aussi ému devant Capture One lorsque je développe mes photos butes que naguère dans ma chambre noire lorsque je choisissais le temps d’insolation et le contraste du papier. Aussi ému aussi que lors de la prise de vue. C’est une démarche différente. Récemment, et même si c’est plutôt exceptionnel, je n’ai pas hésité à virer d’une photo, avec l’outil tampon de Photoshop, un cynorrhodon flou qui déséquilibrait la composition, ce que tu ne ferais jamais. Le fait de ne pas faire de post traitement t’amène à plus réfléchir au cadrage au moment ou tu prends la photo, les aspérités n’étant ensuite plus rattrapables. C’est peut être aussi ce qui explique la qualité et la simplicité de tes photos, mais il y a aussi le talent…

  2. Bonjour Cathy, intéressante vue avec les reflets, les couleurs sont magnifiques, atmosphère particulière pour l’heure bleue, juste assez d’apport de lumière pour discerner le feuillage.

    1. Bonjour Richard, et merci!
      C’est ce que j’aime, à l’heure bleue: un moment suggestif et poétique, avec toujours en lui quelque chose de nostalgique. On devine, on entend, on se perd parfois… C’est un moment de la journée(?)/nuit(?) suspendu entre rêve et réalité. L’heure où revivent les légendes 🙂 .

  3. je me retrouve complètement dans le rendu de la dernière, c’est typiquement le genre d’ambiance sombre et forestière qui me plait : on va croiser l’ankou dans un instant, c’est certain.
    Sombre, mais pas glauque, très réussie.

    1. « Sombre mais pas glauque… » Je prends!
      Cette petite peur atavique du soir n’est pas négative. C’est juste la porte vers l’autre monde. Tu y vois l’Ankou? C’est pas du côté de la Bretagne, ça? 😉 Ici, la nuit, les celtes (et même peut-être leurs prédécesseurs) nous ont légué la Merlusse ou Mélusine.
      Enfant, j’ai aussi sondé les marais un peu plus au nord ouest, à la recherche de la Marie Grouette.
      Au fond, je n’ai jamais totalement quitté ce monde-là ;).

  4. J’aime les deux mais la seconde a une ambiance de folie. C’est vraiment très fort (j’ai failli dire lourd).
    C’est la Nature et ses grands mythes. Quels animaux de légende, trolls ou lutins verts nous attendent au coin du bois?

  5. j’aime bien les deux mais j’ai un petit faible pour la première pour sa richesse et délicatesse des couleurs….

    1. Merci fabris!
      La première parait plus simple, mais j’ai du chercher et attendre des conditions bien particulières, pour avoir certaines parties à l’ombre, d’autres au soleil. C’est ça, la photo: cette quête de lumière qui change tout :).

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