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Toutes simples… Les photos macro en hiver

… Mais pas que ! 😉
Hé oui, un nouvel article sur la pratique photo dans le blog ! C’est vrai, j’ai beaucoup moins de temps qu’avant à consacrer à ce genre d’article. Cela me manque ! Ce matin, j’ai failli publier ces images sur FB, avec juste un petit bla-bla. Mais j’avais envie de plus lent. De plus durable. D’autre chose qu’un simple like sans même un coup d’oeil. Alors, me voilà de retour ici.

       Allez hop ! Il est temps de plonger au coeur du sujet : la photo macro en hiver…
En cette saison, la plupart des photographes amateurs rangent l’appareil photo et soupirent, nostalgiques et impatients de retrouver anémones et papillons. Pourtant, je l’ai souvent dit et écrit, l’hiver est la saison parfaite pour la macro.
C’est une saison toute en silence et en humilité. Elle permet d’oublier l’exigence de réussite, dictée bien trop souvent par soi-même ou par les réseaux sociaux. Pas de sujet imposé. Juste soi, la nature immobile et la lumière (ou la brume). Le temps parfait pour revenir à l’essentiel. A l’essence de la photo : capter la lumière. Ouvrir les yeux. Se nourrir et s’émerveiller de la vie en sommeil, du scintillement de la nature, du gris bleuté d’un ciel chargé.

Je vous propose quelques photos prises ces derniers jours pour illustrer mes propos. Il ne s’agit pas de photos extraordinaires. Juste des petites rencontres éphémères. Des bonheurs simples. Des propositions de mise en situation qui vous permettront d’apprivoiser un peu plus finement l’appareil photo tranquillement, sans trop de sollicitation.

Coucher du soleil : Lumière rouge… orange !

Une simple feuille d’aubépine pour apprendre à attendre juste le bon moment. Un petit exercice pour être prêt à refaire ça dans quelques mois, avec des sujets actifs comme les papillons !

macro hiver lumière rouge

L’art de trouver le bon angle de prise de vue :

Même sujet que pour la première photo -des feuilles d’aubépine- photographié non pas plein soleil mais à l’ombre légère d’une haie sauvage.

Le but de l’exercice ?

Tout d’abord soigner son angle de prise de vue : précision chirurgicale pour avoir une zone de netteté parfaite sur une feuille au premier plan et un dégradé de plus en plus flou pour les plans arrières. Inutile de préciser que ce genre d’exercice se pratique à main levée : on affine sa posture et son cadrage avec une immobilité où tout le corps est engagé. On joue avec la netteté exactement là où on le souhaite et là où cela donnera du sens et de l’harmonie.

Bonus : jouer avec les micro-lumières d’hiver pour capter un peu de couleur sur la feuille au premier plan. Ce qui développe la prise en compte de la lumière non pas seulement comme une intensité à mesurer, mais comme quelque chose de multiple, qui donnera à la fois l’ambiance générale et les petits détails, couleurs, scintillements… qui rendront vos sujets moins plats, plus vivants.

 

feuille aubépine
Amateurs de likes sur les réseaux ? Désolée de vous décevoir, mais ce genre d’images ne se révélera pas sur les réseaux… Cultiver un certain degré d’exigence quant à la netteté et à la propreté de ses photos ne rend pas spécialement populaire. Mais le jour où vous vous décidez à passer à une impression papier en plus grand format, c’est ce degré d’exigence qui fera la différence.

Flare VS Bokeh : kezaco ???

Une photo sur un sujet récurent dans mes stages : C’est quoi la différence entre le flare et le bokeh ?
Pour faire court, le bokeh est le fruit du réglage de la profondeur de champ : petite zone de netteté = beaucoup de flou. Ce flou peut être lisse si l’arrière plan est éclairé régulièrement ou sous ciel voilé. Il peut « faire des ronds » dans le cas d’une lumière scintillante (rosée, eau, à travers un buisson…).

Le flare est un effet lumineux qui n’existe pas : des rayons parasites qui viennent voiler un coin de l’image, et parfois même rajouter des petites taches colorées. Un peu plus difficile à apprivoiser que le bokeh, on peut le chercher en lumière latérale rasante, en enlevant son pare-soleil. A noter qu’il enlève du piqué à l’image.

L’hiver, le soleil bas facilite l’exploration des flares en photo nature.

Dans la photo ci-dessous : un flare capté au coucher du soleil, qui voile et réchauffe la photo de ce veau qui passait sa dernière nuit dehors.

vache contrejour brume soleil

Jouer avec pas grand chose

Toujours dans l’idée de profiter de l’hiver pour apprendre à dompter plus finement la lumière, profitons-en pour tout oser. Même des photos sans autre sujet qu’un clin d’oeil du soleil. Ici, j’ai juste capté la légère brillance des cynorhodons qui arboraient un liseré doré au coucher du soleil.
Comment trouver l’inspiration ? 
C’est vrai que ce genre de sujet passe inaperçu ! Alors, comment nourrir ses images en plein hiver ? En pratiquant une « photographie de pleine conscience » : une photographie décomplexée, sans attente, qui se nourrit de notre émerveillement. Tout commence par une marche les yeux ouverts, à éprouver de la gratitude envers simplement ce qui est, à respirer, à inspirer jusqu’à faire émerger l’inspiration, justement. C’est ça que nous travaillons dans nos stages Nature en lien : Ces moments où l’on parvient à lâcher prise pour être juste connecté(e) à la nature et la redécouvrir et à se laisser surprendre. lumière cynorhodon

Toujours pas convaincus par la photo nature en hiver ?

Quelques autres sujets plus classiques en vrac qui vous donneront peut-être envie… A la différence des premières mises en situation, les photos ci-dessous ne sont pas dans ce lâcher-prise qui offre de nouvelles perspectives. Ce sont des sujets devenus plus ou moins « à la mode » : aller les chercher donne du plaisir, bien sûr. Mais à chercher ce que l’on connait, on ne va pas réellement à la rencontre de la nature, ni à la découverte d’une photographie singulière qui vous serait propre. A méditer… 😉

Je crois que la voie du milieu est encore une fois la meilleure : alterner des sorties photos « convenues » où l’on a une attente de résultat, où l’on va prélever dans la nature tel ou tel sujet. Et prendre ce temps indispensable de se couper de nos attentes : être juste là, à découvrir ce que la nature a à offrir ici et maintenant. Peut-être en ferons-nous une photo, peut-être pas. Mais une chose est sûre : ces temps seront des moments privilégiés où l’on sera avec soi-même plutôt qu’avec des envies/besoins/frénésies nées du monde réel ou virtuel. Et être avec soi-même est le premier pas vers «être soi-même».

Je vous souhaite à toutes et tous de très beaux moments dans l’accueil de la nature et dans la rencontre de votre propre singularité 🙂 

 

Macrophotographie de mousse, filés et ambiances clair-obscur

 

 

Nat'Images | Dossier macro en hiver

Aller plus loin ?
Un ancien n° de Nat’images où j’avais publié un article sur la macro en hiver. Sans doute encore disponible sur commande.

Nature en lien : Un stage entièrement dédié à la recherche d’une créativité propre à chacun.

 

11 Comments

    • Cathy Bernot

      Hello Pastelle,
      Peut-être est-ce ta visite à Montier, et l’évocation de ce « temps des blogs » : j’ai soudain eu envie de refaire un « vrai article » 😉 Et que tu soies l’une des premières à le lire me fait très plaisir, du coup ! Belle expérimentation ! Et bon dimanche 🙂

  • Fablacox

    Oui merci effectivement je me posais la question cette semaine quelques fleurs encore ici et la … un peu de vivres…avec des objectifs de repérage dans la campagne … endroits dégagés … sujets simples et belles couleurs… en attendant le bon moment …mais ce bon soleil couchant est absent chez nous … depuis de nombreuses semaines … et le week end seulement possible pour moi… pas simple … mais je garde en tête mes futures photos… suivant tes bons principes… à suivre prochainement …

  • Hélène

    Merci pour cet article qui met à l’honneur la macro en hiver qui , je trouve aussi, pousse dans ses retranchements . Du coup, l’hiver amène à la créativité et au jeu avec les lumières hivernales . J’aime beaucoup vos photos qui reflètent la communion avec la nature et si créatives

    • Cathy Bernot

      Merci beaucoup Hélène. 🙂
      Oui, c’est tout à fait ça : en hiver, il ne reste pas grand chose. juste des émotions, des ambiances, et c’est la porte ouverte vers une réelle création, bien + qu’avec de la technique ou des sujets évidents partout.

  • Christine Bastide

    Quel plaisir de lire et relire cet article qui remet la lumière de la macro en hiver
    Se retrouver ou se découvrir dans une démarche personnelle en lien avec la nature si généreuse, j’adhère totalement c’est tellement plus créatif car plus intimiste et minimaliste
    Merci pour tes conseils et ton éclairage des 4 saisons.

    • Cathy Bernot

      Coucou Christine,
      Merci à toi de me suivre aussi ici 😉 🙂
      Oui, se débarrasser de nos attentes, des modes… pour revenir à une réelle intimité avec la nature <3 🙂

  • Maussion didier

    Très bel article et comme toujours bien écrit ! l’hiver se laisse découvrir aux créatifs , aux curieux . A tous ceux qui laissent le fil de leurs émotions les guider vers un autres style de photos !

  • céline

    Merci Cathy pour cet article qui me parle énormément… C’est si bien exprimé !! Et merci de ne pas abandonner le blog au détriment des réseaux « fast living »… Je chéris les blogs pour les mêmes raisons que toi ! 🙂 😉
    Être à l’écoute de la nature, c’est en effet également pour moi être à l’écoute de SA propre nature. La nature environnante permet de me connecter à mon essence et lorsque je photographie en mode « macro », je me sens encore plus relié à elle.
    Très belles photos, merci pour le partage ! Salutations du Québec 🙂

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