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Coucher de soleil,  Heure bleue,  Peintre

Soleil d’hiver

Balade au plat pays de Léon Spilliaert

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Un soleil rouge…

C’est en hiver que le soleil s’apprivoise: c’est là qu’il est le plus beau sur la plaine. Tard levé, tôt couché. Souvent la seule touche de couleur de notre journée.

Bien sûr, je ne suis pas prête à abandonner mon travail sur le soleil rouge en macro! Cela ne m’empêche pas de poursuivre d’autres voix: des voix lunaires, surgies des brumes qui enveloppent les marais de Champagne, nées de l’humeur de ceux qui ont peint cette lumière du nord qui m’est chère, et tout simplement cette petite voix intérieure qui me ramène encore et toujours à mes premiers outils picturaux: plumes, encres, fusains… Crayonner mes paysages sur mon capteur à la prise de vue, observer l’encre se diluer du ciel à la mare, me laisser bercer par les images qui naviguent à vue dans mon cabinet de curiosités intérieures. Pour exprimer une quête de lumière, cette émotion (ce spleen?) qui me saisit à chaque fois que je fais face à ces paysages tourmentés que teinte le couchant. La brume, l’étang, l’horizon tout plat au bout du champ, le vent froid et la boue, les arbres décharnés, l’odeur d’humus et le vol lourd du héron au loin: bienvenue chez moi!

L’étang un soir de brume

Ciel crayonné, troncs qui griffent le papier d’un trait d’encre de chine au pinceau à aquarelle, pastel estompé du bout des doigts qui donne le ton du décor… Comme toujours, c’est à la prise de vue, et non en post-traitement ni en atelier, que s’est réalisée cette image toute fraîche.

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Brume sur l’étang

Lumière du nord, paysage de plaine et arbres selon Léon Spilliaert

Si cette photo s’inspire d’oeuvres de grands peintres, elle n’est absolument pas une tentative de reproduction d’un tableau précis, mais plutôt une image née de bribes de dizaines d’autres, qui nourrissent mon imaginaire. J’ai quand même envie de partager avec vous l’un de ces peintres de l’hiver, qui m’accompagne très souvent depuis un an: Léon Spilliaert, peintre belge du début du vingtième siècle, proche des symbolistes.

Paysage aux arbres élancés (1900-1902) Léon Spilliaert
Paysage aux arbres élancés (1900-1902) Léon Spilliaert

Je publie peu, en ce moment. Manque de temps (oui, plein de choses à faire, et déjà à moitié en 2014!), manque de motivation ? (sans doute: beaucoup de photos inédites en attente, et je dois refondre mon site. Du coup, pas trop envie de publier pour l’instant), et la plupart de mes photos du moment ne sont pas adaptées à un affichage en petit format (donc clic obligatoire pour afficher en grand: ça sera un peu mieux…).

Très bonne semaine à toutes et tous et merci de vos visites et petits mots!

 

10 Comments

  • Roger

    Une première image personnelle pleine de poésieCathy, et je suis toujours aussi curieux de savoir comment tu peux arriver à un tel résultat avec un capteur d’APN.
    Une curiosité qui verra sans doute son épilogue je l’espère bien, le jour où tu seras proche de moi, avec un peu de temps pour la satisfaire. Je ne connais pas Léon Spilliaert, mais l’image de lui que tu publies est également dans la même veine et favorise bien le vagabondage de l’esprit.
    Gros bisous et à bientôt

  • essere

    J’adore !
    La lumière qui ressort de ta deuxième photo, c’est superbe. D’autant que tu mets de la lumière où il n’y en a pas ou plutôt où on ne la voit pas.
    Je pense aussi que tu es de la famille de ces peintres du Nord qui savent rendre des paysages souvent décriés.
    Bravo Cathy.

  • Cathy Bernot

    Pascaline: Merci ! 🙂

    Roger: j’ai découvert Spilliaert il y a quelques années. J’aime beaucoup la peinture belge du début 20ème, et son univers est très proche de celui qui a bercé mon enfance: marais du nord, brume et crachin 😉

    Essere: oui, je cherche cette lumière qui est moins vive mais plus subtile, éphémère et poétique qu’une lumière crue d’un été au sud (toutes mes excuses aux sudistes…)

    Michel: en fait, c’est vraiment comme ça que je fonctionne: j’ai besoin de voir des oeuvres, de découvrir de nouveaux peintres et de laisser tout ça mûrir. Je ne sais pas toujours quels auteurs se cachent dans mes images. Mais en ce moment, si!

    Fabris: Merci! Comme je l’ai déjà dis sur Facebook, pas de secret: une expérience du geste et de la lumière, de l’entrainement, des repérages et une intention photographique préalable. La photo sans surimpression ni retouche est un choix qui ne porte aucun jugement sur ceux qui pratiquent autrement. C’est juste que cela fait partie intégrante de ma démarche et de mon rapport à la photo. C’est pour cette photo-là que j’ai abandonné mon chevalet ;).

    Philippe: Merci! Bises

  • Christineeeee

    Coucou Cathy !
    Ah….. ces brumes qui s’élèvent ont quelque chose de magique ! Le parallèle entre ta photo et le tableau est excellent : on y retrouve les même tons doux qui te ressemblent si bien.
    Tu dis que tu veux « refondre » ton site… Je voulais te dire que je le trouve très bien, maintenant que j’y suis habituée. Serait-il déjà « full » ?

    Passe de belles fêtes !

    Biseeeeeeeeeeeeeeeeees de Christineeeeeeeeeeeeeeeeeee

  • Cathy Bernot

    Merci Aurélien! 🙂 Heureuse que la balade te plaise!

    Hello Christineee,
    Ton commentaire me fait plaisir! Les parallèles que je fais sont souvent de l’ordre de l’émotion plus que de la représentation, et heureuse que tu l’aies perçu.
    Je ne touche presque pas à ce blog (à part des tas de petits détails provisoires et souvent invisibles qui sont en stand-bye depuis un an…). C’est mon site, avec mes galeries, qui attend depuis un an lui aussi un sérieux remaniement. C’est l’hiver: je plonge dans le code 😉
    Bises

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